« Mondialisation, marché et démocratie »
Yahya El Yahyaoui
Rares, aujourd’hui, sont ceux qui ne chantent les vertus infinies de la mondialisation ou ne dansent à son rythme : des économistes, des politologues, des futurologues, mais aussi des entreprises, des organisations patronales, des syndicats d’ouvriers et, bien entendu, des Etats.
En panne de conceptualisation jusqu’ici, parce que récente, ses composantes instables, ses retombées peu prévisibles et son paysage mouvant, la mondialisation est probablement de ces «inventions» qui sont tombées dans le domaine public avant même que leur utilité économique en soit évaluée ou leur valeur sociale démontrée.
En vogue seulement depuis quelques années, le terme ne cesse, depuis lors, d’«envahir» discours politiques, articles de presse, rhétoriques académiques, manipulations prospectivistes et débats électoralistes.
Il ne cesse pas aussi d’«inspirer» organisateurs de colloques et «chasseurs de séminaires».
Il ne cesse pas, non plus, d’«éclairer» la pratique des décideurs au pouvoir tout autant , nous dit-on, que d’oppositions en mal de projet fédérateur.
Si le terme est diversement, j’allais dire contradictoirement, employé, ce n’est pas seulement, nous semble-t-il, parce qu’il est, par nature, de ceux en mal de définition (I),ou de ceux ayant, par malchance, coïncidé avec des phénomènes peu ordinaires tels que les révolutions scientifiques et technologiques des dernières décennies (II) ou la résurgence conquérante du marché, des valeurs de marché et de démocratie de marché (III), mais aussi parce qu’il est perçu comme devant contenir, en lui-même, les germes d’une autre mondialisation se voulant libérée des fondamentalismes économiques et financiers de la mondialisation actuelle et non contrainte par «le primat intellectuel» de sa «pensée unique»(IV).
I- De la mondialisation actuelle
1-1- la mondialisation (actuelle) n’est certainement pas un phénomène récent, encore moins nouveau, si par mondialisation, on entend le processus d’internationalisation qui a caractérisé, tout au long du siècle précédent, l’intégration croissante à travers les pays du monde de flux de produits et services, des biens intermédiaires, des matières premières et des connaissances scientifiques techniques.
Elle n’est pas, non plus, nouvelle, et à fortiori récente, si elle est perçue comme significative du processus de multinationalisation d’entreprises dont les activités s’étendent graduellement dans d’autres pays soit par la création de filiales, soit par acquisitions soit par accords de coopération de nature diverse.
Elle est, en revanche, un phénomène nouveau, récent et dont on commence à entrevoir les contours, s’il s’entend comme «l’ensemble des processus qui permettent de :
-produire, distribuer et consommer biens et services à partir de structures de valorisation des facteurs de production matériels et immatériels organisés sur des bases mondiales,
-pour des marchés mondiaux réglés (ou qui le deviendront) par des normes et standards mondiaux,
-par des organisations nées ou agissant sur des bases mondiales avec une culture d’organisation qui se veut ouverte à un contexte mondial et obéissant à une stratégie mondiale,
-et dont il est difficile d’identifier une «seule territorialité» (juridique, économique, technologique) en raison des nombreuses inter relations et intégrations parmi les éléments en jeu dans les différentes phases productives en amant et en aval de la production même»(1).
Si les processus d’internationalisation, de multinationalisation et de mondialisation sont liés, interconnectés et se communiquant mutuellement , ce n’est pas seulement parce qu’ils constituent le prolongement d’un même mouvement de fond (de transformation du pouvoir économique), mais aussi parce qu’ils font partie d’une même dynamique d’ensemble, caractérisée par la disparition graduelle des principes, des règles et des modes d’organisation et de valorisation des ressources matérielles et immatérielles centrés sur l’unicité et la cohérence du système dit, jusqu’à tout récemment, «national».
Incontestablement grignoté par le processus d’internationalisation, en tant que mouvement inexorable d’interaction croissante entre Etats, économies et cultures ; fondamentalement mis en cause par le processus de multinationalisation, consacré par l’expansion des flux de production et d’innovation en dehors du territoire d’origine des acteurs économiques, sociaux et institutionnels; le système dit «national» a perdu, avec le processus de mondialisation, sa classification stratégique principale pour les acteurs clefs de la croissance économique et de l’innovation technologique.
Autrement, avec la mondialisation, le «national» ne représente plus le point de départ et d’arrivée de pertinence stratégique pour les acteurs économiques, technologiques, sociaux et culturels même s’il demeure encore un des niveaux de pertinence significative pour lesdits acteurs.
1-2- Si la mondialisation ne voit en le «national» qu’un système subsidiaire et d’une pertinence tendanciellement peu déterminante ce n’est, peut être, pas parce qu’elle a vu émerger, en son sein, une catégorie de firmes géantes, globales et disposant de pouvoirs engageant le présent des économies, des sociétés et des cultures et créant leur futur, mais parce qu’elle a aussi et surtout catalysé une nouvelle forme de concurrence se voulant de plus en plus globale, généralisée et planétaire. L’on ne manquerait ainsi pas d’avoir l’impression (la certitude diraient d’aucuns) qu’à l’ère de la mondialisation, les décisions les plus significatives (celles qui modifient le présent et aliènent le futur) portant sur l’allocation des ressources technologiques et économiques à l’échelle planétaire sont, sans nul doute, le fait de firmes géantes, internationalisées, multinationalisées et mondialisées ne s’accommodant qu’avec un espace de concurrence vaste, inconditionnel et élargi à l’échelle du globe entier.
1-3- Parce qu’elle est l’acteur premier et stratégique du processus de la mondialisation de l’économie, de la technologie et de la culture, l’entreprise de cette fin de siècle est, de ce fait, incontestablement «le nouveau maître» de l’ économie mondialisée, le meneur de ses configurations ultérieures et probablement le déclencheur de la «nouvelle gouvernance» économique et technologique dont elle se veut le cœur battant.
En même temps (ou à cause de cela), l’Etat-Nation, d’acteur de premier plan jusqu’à ces dernières décennies, voit son pouvoir de plus en plus miné de l’intérieur, dépassé, court-circuité ; sa crédibilité mise à mal et semble par conséquent, agir en réaction plutôt qu’en anticipation.
1-4- Or, aussi discrédité et «dépassé» soit-il, l’Etat-Nation demeure toujours actif non seulement de par le rôle (aussi formel et secondaire soit-il) dont il est dorénavant investi, mais parce qu’il est le «complice» incontesté des acteurs clefs et stratégiques nationaux, c’est à dire les entreprises «nationales» globales et mondialisées, les seules, dit-on, à pouvoir opérer la mondialisation de l’économie «nationale» et à «diffuser son rayonnement», l’argument étant que la réussite de «nos» champions nationaux est une condition de succès et de sauvegarde de l’autonomie technologique et économique du pays.
C’est la raison pour laquelle, il faudrait leur garantir marchés publics (nationaux et étrangers), subventions d’innovation et de recherches, formation de personnels qualifiés, user de tous les moyens (dont politiques et diplomatiques) pour faire réussir leurs choix d’alliances stratégiques transnationales et adapter les politiques et législations favorables à leur liberté d’action (notamment dans le domaine de la gestion du marché du travail).
II- La mondialisation par la compétitivité et la mondialisation triadique
Il serait certainement long, et déplacé de surcroît, de prétendre pouvoir identifier les facteurs ayant déclenché le phénomène de la mondialisation ou cerner ses véritables déterminants, encore moins indiquer qu’elles pourraient être ses évolutions possibles et prévisibles.
Ces aspects ont été longuement évoqués dans une étude récente pour qu’on y revienne ici en détail (2).
2-1- En effet, la mondialisation recouvre plusieurs phénomènes distincts. Elle est extension de l’interdépendance à l’ensemble de la planète qu’illustrent ou renforcent l’ouverture des marchés, la constitution des vastes espaces régionaux, le développement des transports et la révolution des technologies de l’information et de la communication. Elle est aussi traduction d’une complète internationalisation des marchés de biens, des services, des facteurs de production et une intensification des échanges s’y rapportant.
Et elle est aussi expression de pratiques d’entreprises industrielles et financières capables et contraintes de déployer des stratégies d’investissement, de recherche, d’innovation, de production et de commercialisation à l’échelle planétaire.
S’il est vrai que le phénomène de la mondialisation n’aurait pu se concrétiser ni sa dynamique s’amplifier sans le développement des grands réseaux (de télécommunications, d’informatique, de télévision et de transports), il n’est pas moins vrai qu’il n’aurait pu voir le jour ou prendre corps en l’absence des politiques de libéralisation et de déréglementation longtemps prônées et en œuvre, mais jusqu’à récemment seulement institutionnalisées et généralisées (l’OMC en est l’instigatrice, les organismes de Breton Woods les promoteurs et les accompagnateurs).
Il n’est pas moins vrai aussi que le phénomène n’avait (n’aurait) à se consacrer, à se «légitimer» et à prendre forme, sans l’existence d’élites viscéralement portées par le libre-échange absolu et l’économie de marché généralisée.
2-2- Or, quoi qu’étant une tendance lourde qui résulte de facteurs technologiques (révolution des technologies de l’information, de télécommunications et de transports), de décisions géo-économiques (libéralisation du commerce), d’évolutions macro-économiques (intensification des échanges et émergence de nouveaux pays industrialisés), de la résurgence d’un néo-libéralisme pur et dur (sommets du Mont Pèlerin entre autres) et de ruptures géopolitiques et économiques profondes (démembrement de l’URSS), quoique résultant de tout cela, la mondialisation actuelle est beaucoup plus l’expression d’une réalité triadique (se limitant aux trois grands blocs) que d’une mondialisation globale ou d’une globalisation.
Autrement, la mondialisation dont il s’agit actuellement, n’est qu’une mondialisation par la compétitivité à laquelle se livrent les trois blocs les plus puissants au monde.
Ceci est d’autant plus vrai que la quasi-totalité des échanges se font en leur sein, qu’ils sont à l’origine de l’écrasante majorité de la production agricole, manufacturière, scientifique et technologique mondiale, et qu’ils sont le siège de la presque totalité des firmes globales.
Non moins vrai aussi est le fait que les grands acteurs de la mondialisation par la compétitivité sont ceux qui dictent leurs normes et standards aux grandes organisations commerciales, monétaires et financières; internationales.
2-3- Elle est aussi mondialisation triadique non seulement de par le poids, sans commune mesure, des trois grands blocs de l’économie mondiale (qui font de celle-ci beaucoup plus une économie fragmentée, encore moins régionalisée), mais aussi parce que les conditions d’équilibre économique et de détente politique sont loin d’être réunies pour faire de la mondialisation actuelle un phénomène global.
Il n’est pas malaisé, de notre point de vue, de vérifier le caractère triadique de la mondialisation actuelle tant les relations inter-blocs sont des relations de rivalité et les rapports politiques (et économique) sont difficiles et tendus.
Non moins malaisé, toutefois, d’observer le caractère chimérique d’une mondialisation qui se veut, discours euphoriques aidant, globale, faisant du marché, de l’économie de marché et de la démocratie de marché, le chemin salvateur de relations plus équitables et de structures politiques plus stables.
III- Mondialisation, démocratie et marché : démocratie de marché et pensée unique
Ce dont il est question, aujourd’hui, sous la dénomination de mondialisation (au sens de globale) de l’économie, de la technologie et de la culture n’est, en fait, ni mondialisation globale, ni mondialisation régionalisée mais plutôt une mondialisation entre les trois grands de la triade (Etats-Unis, Japon, Union Européenne) qui se partagent les principales activités du globe et «délèguent» à leurs firmes, le pouvoir d’allouer (à leur guise) les richesses matérielles et immatérielles de la planète tout entière.
Un tel état de fait comporte au moins trois conséquences majeures:
-La première se rapporte à ce que l’on pourrait appeler le «processus de privatisation de l’Etat et de la démocratie».
En effet, à l’ère de la mondialisation, les entreprises (mondialisées) ne se voient pas seulement reconnaître le rôle de garant de l’indépendance technologique et du bien être social de leur pays «local», mais aussi et surtout les «nouveaux dépositaires» de la légitimité historique et sociale qu’incarne la délégation que l’Etat (local) leur fait pour la formation et la défense du bien être économique (et social) de la société «locale».
Cette inversion fondamentale des rôles est, certes significative du fait que les entreprises sont devenues les acteurs principaux de la gestion de l’économie globale; mais significative aussi de la nouvelle réalité de cette fin de siècle où «ce sont des sujets à vocation particulière, porteurs d’intérêts sectoriels corporatistes qui tirent et orientent les sujets à vocation générale, porteurs de l’intérêt public»(3).
Non moins significative, au-delà de ceci, de voir qu’avec la mondialisation et la montée en force des logiques de marché, la démocratie ne se voit pas seulement aliénée par les pratiques des entreprises globales et la soumission des pouvoirs publics «locaux» à leurs diktats, mais davantage amenée à se métamorphoser, dans sa nature, pour qu’elle soit à l écoute des «valeurs» de marché et non à celle se rapportant à la citoyenneté et à la nation.
-La seconde conséquence a trait à la dissociation de plus en plus croissante entre le pouvoir économique (le pouvoir des firmes mondialisées) organisé à une échelle mondiale et le «pouvoir» politique organisé au niveau des Etats-Nations, à un niveau stratégique inadéquat par rapport à l ‘espace mondial.
Par conséquent, la technocratie naissante risquera d’affaiblir d’autant plus la démocratie qu’elle (la technocratie) se mettra au service de ladite dissociation et de la mise en valeur de la «démocratie de marché» dans la conduite de l’économie, de la société et de la culture mondiale.
La conduite de celle-ci obéira davantage à des critères opportunistes et utilitaristes qu’à des variables sauvegardant l’intérêt des nations et l’avenir de la démocratie.
-La troisième conséquence du type de mondialisation aujourd’hui en vigueur est relative à ce qu’il est de plus en plus convenu d’appeler la «pensée unique», «traduction, en termes idéologiques à prétention universelle, des intérêts d’un ensemble de forces économiques, celles en particulier, du capital international»(4).
Victorieusement portée par un néolibéralisme à ambitions planétaires, et vulgarisé par des élites emportées par l’idéologie dominante, la «pensée unique» n’est, par excellence, autre que la pensée de la mondialisation actuelle.
Fondée sur le principe sanctifié que l’économique l’emporte (doit l’emporter nous dit-on) sur le politique, la pensée de la mondialisation est aussi fondée sur une litanie de concepts clefs non moins sanctifiés que le premier : le marché idole dont «la main invisible corrige les aspérités et les dysfonctionnements du capitalisme», et tout particulièrement les marchés financiers dont « les signaux orientent et déterminent le mouvement général de l’économie » ; la concurrence et la compétitivité qui «stimulent et dynamisent les entreprises, les amenant à une permanente et bénéfique modernisation»; le libre-échange sans rivages, «facteur de développement ininterrompu du commerce et donc des sociétés; la mondialisation aussi bien de la production manufacturière que des flux financiers; la division internationale du travail qui «modère les revendications syndicales et abaisse les coûts salariaux; la déréglementation; la privatisation ; la libéralisation etc.»(5).
Autant de mots et de concepts, émanant de la rhétorique de la mondialisation actuelle que Riccardo Petrella est allé jusqu’à les qualifier de saintes : «Sainte compétitivité; Sainte privatisation; Sainte déréglementation; Sainte libéralisation; Sainte productivité; Sainte flexibilité; Sainte excellence; Sainte mobilité, autant d’ambassadrices du salut promues aux plus hauts rangs des cieux de l’économie (libre et sociale) de marché»(6).
Ces trois conséquences sont significatives non seulement de la tendance à la consécration de la mondialisation de la suprématie des marchés, des logiques de marchés et de la «démocratie de marchés»; mais aussi des périls que celle-ci risquerait de causer pour les économies et les sociétés, tout autant que pour la pensée et la culture.
Il est probablement inutile de démontrer en quoi la mondialisation (actuelle) de l’économie de marché, privatisée, déréglementée et libéralisée est en train de libérer les firmes mondialisées (les «nouveaux maîtres du monde») des règles, procédures et institutions ayant fondé l’Etat-Providence et le contrat social des siècles durant.
Il est inutile aussi de montrer comment «la litanie mondialisation, compétitivité, privatisation, déréglementation, libéralisation, productivité sert précisément à légitimer les nouvelles prétentions de l’économie capitaliste, à régenter l’économie et la société mondialisées».
Non moins inutile , non plus, de s’arrêter sur les dangers qu’un tel type de mondialisation engendrerait pour les économies, les sociétés et les cultures nationales pressées de «se mouler» dans les vertus infinies de la mondialisation actuelle.
Si la mondialisation actuelle est source de périls pour les économies nationales, les sociétés et la démocratie, est-il possible de l’humaniser à l’instar de ce d’aucuns présentent ou laissent entendre ?
L’on ne pense pas. Davantage qu’on ne pense que combattre la guerre économique passe par l’appel à une «paix économique».
L’on pense, en revanche, à une autre mondialisation qu’on perçoit comme devant être :
-Libérée de l’impératif de compétitivité, de productivité, de rentabilité et de profitabilité.
-Libérée de son contenu idéologique qui légitime l’entreprise et le marché au détriment de la société et de la culture.
-Non assujettie aux « principes » de dogmatisme, de pragmatisme et de la «pensée unique».
-Non aliénée par la privatisation du rôle de l’Etat-Nation et la confiscation du pouvoir politique et de la démocratie par les firmes globales et les logiques de marché et de la compétitivité.
Il faudrait, pour cela, non seulement désarmer les marchés, dévaloriser l’impératif de compétitivité et combattre «les principes de la pensée unique», mais œuvrer pour l’instruction de nouvelles formes de régulation politique à l’échelle mondiale.
Si, à terme, «la mondialisation, c’est la disparition de la capacité régulatrice, nous n’avons pas d’autres choix que de lutter contre elle : parce que nous sommes différents et que nous voulons le demeurer; parce que nous sommes nés dans des lieux divers, avec des avantages et des insuffisances que nous voulons négocier; parce que la diversité nous paraît être le ferment de cette recherche d’unité vraie qui constitue un idéal profond, à l’abri de l’uniformité»(7).
(1)-Petrella. R, «La mondialisation de l’économie et de la technologie : une (hypo)thèse prospective», Futuribles, n° 135, Septembre 1989.
(2)-El Yahyaoui. Y, «La mondialisation : communication-monde; ultra libéralisme planétaire et pensée unique», Ed. Boukili, à paraître en Janvier 1998.
(3)-Petrella. R, «La mondialisation par la compétitivité», Politique Internationale, n° 46, Hiver 1989-1990.
(4)-Ramonet. I, «La pensée unique», Le Monde Diplomatique, Janvier 1995.
(5)-Ramonet. I, «La pensée unique», Art. Précité.
(6)-Petrella. R, «Litanies de sainte compétitivité», Le Monde Diplomatique, Février 1994.
(7)-Pisani. F, «Tous ensemble contre la mondialisation», Le Monde Diplomatique, Janvier 1996.
(*) Temps Présent, Hebdomadaire, n° 19, 26 Décembre 1997- 1èr Janvier 1998