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«Nos partis en mal de technologie»

«Nos partis en mal de technologie»

Je voudrais d'abord préciser que la présence des partis politiques marocains sur la toile est peu significative. En effet, selon les statistiques disponibles, peu récentes il faut le dire, seule une dizaine sur les 35 à 40 partis politiques ont une présence sur la toile. Et là, je parle de ceux qui ont un nom de domaine visible et répertorié, qui ont un hébergeur crédible, un webmaster permanent ou occasionnel et un rythme de mise à jour plus ou moins régulier.

Il semblerait que les partis qui répondent à ces exigences sont les partis qui ont une représentativité parlementaire ou régionale importante, autrement les partis qui ont un poids dans la vie politique tels le PI, l'USFP, le MP, le PPS, le PJD et depuis peu de temps le PAM. Pour le reste, la présence sur la toile est sans valeur notoire.

Dans ce lot, l'on a affaire en général soit à des sites actifs, avec des équipes rédactionnelles stables, des informations fraiches et une mise à jour régulière. Soit à des sites qui n'ont de site que le nom, car sans contenu informatif substantiel, sans possibilités d'interactivité avec les utilisateurs et sans la moindre indication de la date de la dernière mise à jour, sans parler de l'ergonomie qui laisse à désirer.

Par ailleurs, certains sites sont libellés en une seule langue, l'arabe en l'occurrence, et sont une image presque à l'identique des supports papiers, journaux du parti ou photos pour meubler la page d'accueil. Ils ne contiennent ni rubriques pour archives, ni fenêtres d'interaction, ni volets pour forums ou pour les éventuelles ouvertures sur les réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter. Ce sont en définitive, et pour les meilleurs d'entre eux, des instruments d'information, et encore, que des instruments de communication.

Il est vrai que le PJD a une tribune internet bien travaillée, parce que le parti dispose d'une équipe qui y veille régulièrement, mais ladite tribune a l'inconvénient de porter la marque de l'action du parti au niveau du gouvernement et du parlement. C'est la parti sur la toile ni plus ni moins. Ce qui est redondant quelquefois

J'estime, pour ce qui me concerne, que l'appropriation de l'internet par les partis politiques est peut être à ces débuts. D'abord parce que l'outil est nouveau et demeure peu familier. Ensuite, parce que lesdits partis sont encore imprégnés par et d'une culture saisonnière, c'est à dire liée aux échéances électorales mettant au devant le discours oral plutôt que la communication codifiée. Sans oublier que ces partis, traditionalistes dans leur majorité, n'ont pas encore bien encaissé le choc de la technologie citoyenne.

Il ne faudrait peut être pas oublier que l'internet et les réseaux sociaux prétendent se substituer aux partis en mal de projet sociétal. Là aussi, il faudrait chercher des éléments de leur défaillance en termes de présence sur le réseau, aussi bien au niveau de la forme que de la substance.

Interview, Journal Le Soir Echos, Quotidien,  27 Juillet 2012

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