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« Francophonie : un projet pour le 21ème siècle » (1/2)

Duvernois. L, Lepage. C, Rapport n° 436, Sénat, Paris, février 2017, 79 p.

Dans un mot introductif à ce rapport, l’on lit : « forte d’une langue partagée et des cultures qui l’enrichissent, la francophonie est aujourd’hui un extraordinaire laboratoire de co - développement dans un monde qui s’internationalise et où, paradoxalement, plus l’économie se mondialise, plus les identités s’affirment ».

Et de continuer : « les langues sont mortelles et la mondialisation accélère leur processus de disparition. En l’espace d’un siècle, 6 000 langues ont disparu et il est probable que dans 150 ans, n’en subsiste qu’une centaine sur les 6 000 restantes ».

La dimension culturelle du phénomène de mondialisation est majeure, note le rapport. L’explosion des échanges à l’échelle de la planète « a mis en contact, puis en concurrence, différents modèles culturels et, partant, linguistiques. C’est à la fois une chance immense d’enrichissement et de découverte entre cultures, mais aussi le risque que certaines cultures soient délaissées et viennent à disparaître ».

Dans cette compétition linguistique internationale, comment se place la langue française ? S’interroge le rapport. Quel sera son statut demain ? Le rouleau compresseur anglo-américain aura-t-il raison d’elle ? Ou réussira-t-elle à tirer son épingle d’un jeu complexe qui voit s’affronter d’autres langues aux vastes ambitions, comme l’espagnol, le mandarin, l’arabe, entre autres ?

Après des siècles de suprématie mondiale, « le français occupe aujourd’hui une place intermédiaire dans l’échelle des langues ». Sans être langue mondiale comme l’anglais, elle fait néanmoins partie des langues majeures du globe, souligne le rapport :

- 5ème langue mondiale en nombre de locuteurs,

- 4ème langue par le nombre d’internautes,

- 3ème langue des affaires (après l’anglais et le chinois),

- 2ème langue apprise (après l’anglais),

- 2ème langue d’information internationale (après l’anglais).

Le statut des langues est extrêmement mouvant et incertain. Il est le reflet « de la puissance de ses locuteurs : poids démographique, poids économique, poids politique, poids stratégique, mais aussi poids dans l’imaginaire et le désir collectif… ».

Et puisque la langue est à la fois l’instrument et le résultat de la réussite d’un pays sur la scène mondiale, « le recul du français depuis un siècle, est bien l’un des marqueurs de la perte d’influence de notre pays dans le concert des nations ».

Or, malgré cela, le français a des atouts : la France a implanté le français sur les cinq continents et l’espace « francophilophone » représente aujourd’hui quelques 16 % de la richesse mondiale.

Les atouts du français sont aussi démographiques : « la francophonie constitue le 6ème espace géopolitique mondial par sa population et pourrait devenir le 4ème à l’horizon 2050 : 230 millions de personnes parlent français aujourd’hui, elles pourraient être 770 millions en 2050 ».

Le poids démographique de l’Afrique dans la francophonie est remarquable : « elle représente près de 43 % des francophones aujourd’hui (et même près de 55 % des locuteurs quotidiens !) et, dès 2050, 85 % des francophones seront africains ».

Rubrique « Lu Pour Vous »,

22 mai 2025

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