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«La nouvelle révolution chinoise»

Jacques Valade et al., Sénat, Paris, 10 mai 2006, 57 p.

1- Le rapport commence par affirmer que le système éducatif chinois est traditionnellement fondé sur une sélection sévère et une concurrence acharnée. Il en est de même du système de recherche, qui est globalement centralisé et contrôlé par le sommet de l’Etat, même s’il comporte des services déconcentrés en province, l’un des vice-premiers ministres du Conseil des Affaires d’État étant à la tête du dispositif de recherche et d’éducation.

Le ministère des sciences et des technologies (MoST) occupe un rôle central dans l’organisation du système de recherche chinois. Il définit et met en oeuvre les priorités de la politique scientifique chinoise, et détermine la stratégie et les grandes orientations scientifiques du pays. Il agit comme «une agence d’objectifs de la recherche appliquée, mais aussi en tant que plus grande agence de moyens du pays».

Et le rapport de noter qu’une partie très importante de la recherche en Chine est effectuée dans les instituts et les académies. La CAS (Chinese Academy of Science), la CASS (Chinese Academy of Social Science) et la CEA (China Earthquake Administration) sont placées sous la tutelle directe du Conseil des Affaires d’État.

L’Académie des sciences disposant de laboratoires propres, est tout aussi puissante que le MoST. A l’international, la CAS est le premier partenaire chinois en matière de recherche, et a une réputation d’excellence scientifique. «Fortement structurée, elle est un acteur économique fort du pays, qui favorise la création d’entreprises au sein de ses instituts. Les autres académies dépendent de leur ministère de tutelle (santé, agriculture…)».

L’Académie des sciences est l’institution académique la plus importante du pays. «Elle joue un rôle primordial dans la recherche fondamentale de haut niveau, dans l’innovation et le transfert technologique vers l’industrie… Il s’agit de l’institution chinoise qui se rapproche le plus du CNRS français, avec toutefois deux différences essentielles : l’absence de laboratoire commun avec les universités et la non-représentation des sciences humaines».

La CAS, crée en 1949, est à la fois une académie, au sens d’une assemblée de personnalités scientifiques, et un organisme de recherche qui regroupe 89 instituts, et assure un rôle de formation au travers d’une université et d’écoles accueillant les étudiants au niveau du master.

Les cinq divisions de l’Académie des sciences (mathématiques et physique, chimie, sciences du vivant, sciences de la terre et sciences technologiques) comptent au total 707 membres. Elles sont le principal conseiller de l’Etat en sciences et technologies.

Par ailleurs, «la gestion des instituts de recherche est actuellement partagée entre cinq bureaux : recherche fondamentale, sciences du vivant et biotechnologies, ressources naturelles et environnement, recherche et développement des hautes technologies, et développement industriel des hautes technologies».

La Chine peut, sur ces bases, être considérée comme la troisième puissance scientifique du monde. «En 2004, elle a consacré plus de 18 milliards d’euros à ses dépenses de recherche et développement (R&D), contre 15 milliards en 2003 et 13 en 2002».

La Chine compte aujourd’hui environ 810 000 chercheurs, soit plus que le Japon (680 000) et presque autant que l’Union européenne (1 million). Les étudiants et chercheurs poursuivant une activité à l’étranger sont fortement incités à revenir au pays, via une politique d’aides directes.

En même temps, le pays occupait, en 2003, le cinquième rang mondial pour la production scientifique (derrière les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne), avec 5,1% des publications internationales. Mais l’impact reste modeste, car le pays n’occupait à cette date que la dix huitième place pour le taux de citation de ses publications.

2- Deux axes de développement caractérisent la politique scientifique du pays, estime le rapport :

- l’un, à visées stratégiques, concerne surtout la recherche fondamentale,

- l’autre poursuit une rentabilité économique rapide et relève, par conséquent, de la recherche appliquée.

Toutefois, la faiblesse de la recherche fondamentale (avec environ 6% des dépenses) montre que ce second axe semble avoir été jusqu’ici privilégié. Cette stratégie a bénéficié, en particulier, aux secteurs de l’énergie, des sciences et technologies de l’information et de la communication, des sciences de la vie et des biotechnologies, ainsi que des nouveaux matériaux.

Or, souligne le rapport, l’un des points majeurs de friction entre la Chine et ses partenaires étrangers tient au très insuffisant respect par ce pays des règles de la propriété intellectuelle, la contrefaçon étant largement répandue en Chine en dépit des mesures prises officiellement par les autorités. Les experts estiment que 70 % des contrefaçons mondiales proviennent de Chine.

Rubrique « Lu Pour Vous »

9 juillet 2009

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