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«Médias et pouvoir : La tension est maintenue»

La relation entre le pouvoir et les médias est plus conflictuelle lorsqu’il s’agit de la presse écrite non partisane.

Les ONG appellent à l’instauration d’une loi sur l’accès à l’information.

A l’initiative de l’Organisation des libertés de la presse et de l’expression, une rencontre consacrée à la relation entre les médias et le pouvoir, tenue jeudi à Rabat, a conclu que le véritable conflit concerne les médias et le pouvoir et non les médias et la société, en faisant référence au dialogue national sur les médias et la société.

Selon Yahya El Yahyaoui, spécialiste des médias, «Il existe au Maroc une sorte de dichotomie entre la presse écrite non partisane et le pouvoir»

Pour El Yahyaoui, «on ne peut pas parler de presse indépendante,  car il n’existe pas de véritable indépendance vis-à-vis des cercles du pouvoir économique et financier». Pour ce chercheur dans le domaine de la communication, il n’existe pas de réels clivages entre les médias et la société, car la presse reflète essentiellement la réalité de la société, telle qu’elle est. Selon lui, les situations conflictuelles résideraient plus dans la relation entre le pouvoir et la presse écrite non partisane. Pour sortir de cette situation, El Yahyaoui appelle en urgence à l’instauration d’une loi sur l’accès à l’information.

Dans le même sillage de propositions, le journaliste Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Youm, explique que «dans tous les pays, il existe des tensions entre le pouvoir et les médias, même dans les pays les plus démocratiques d’ailleurs». Le plus important est que la loi et la justice doivent être des garantes pour la liberté. «Malheureusement ceci fait défaut au Maroc actuellement», affirme Bouachrine.

Pour Mohamed El Aouni, président de l’Organisation des libertés de la presse et de l’expression, «on constate aujourd’hui une régression dans le domaine de la liberté de la presse et l’expression, la fin de la période de transition a été marquée par un retour au procès de la presse». Même son de cloche chez Allal Basraoui du Bureau de l’Organisation qui n’hésite pas affirmer que «le pouvoir ne cesse et jusqu’à aujourd’hui de monopoliser à sa manière les médias publics et à les utiliser contre ses adversaires politiques».

Journal Le Soir, Quotidien, Casablanca, 6 septembre 2010

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