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« Les violences sexuelles comme armes de guerre : l’exemple du Soudan et de l’Ukraine »

Vérien. D et al., Rapport, Sénat, Paris, février 2026, 65 p.

Le viol est utilisé de manière systématique et organisée, comme une arme voire une véritable tactique de guerre, dans de nombreux conflits à travers le monde, en particulier au Soudan et en Ukraine. L’utilisation du viol et des violences sexuelles est de plus en plus « une arme pour terroriser les populations civiles, briser les résistances et atteindre les sociétés dans ce qu’elles ont de plus intime ».

Et le rapport d’affirmer que le conflit soudanais par exemple, « est aujourd’hui largement invisibilisé et sous-médiatisé, alors même que les violences sexuelles y sont utilisées de manière massive, intentionnelle et répétée, et que les femmes y sont délibérément prises pour cibles ».

Il affirme aussi que « depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, de nombreux témoignages recueillis par les autorités ukrainiennes et les ONG, font état de viols et de violences sexuelles, visant des femmes et des enfants, mais aussi des hommes. Ces derniers, et c’est une particularité de ce conflit, représentent selon une commission indépendante de l’ONU, près des deux tiers des violences sexuelles commises par les russes, notamment dans les centres de détention ».

Ces violences présentent un caractère massif, systémique et stratégique. Elles sont utilisées comme des instruments de terreur, visant « la destruction des communautés elles-mêmes par la honte, l’humiliation et la rupture du lien social. Ce sont des violences d’une cruauté extrême », leurs conséquences, multiples et durables, étant à la fois physiques, psychiques et sociales.

Ces personnes ne sont pas les victimes collatérales des conflits. Elles sont des cibles, parce que « leur corps devient un champ de bataille, parce que leur souffrance est instrumentalisée à des fins militaires et politiques. Les violences sexuelles ne sont pas des actes isolés. Elles relèvent de stratégies délibérées. Elles sont organisées et planifiées, parfois même ordonnées. Elles doivent être nommées, comprises, combattues et jugées comme telles ».

Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme à part entière : « elles sont une arme d’humiliation, de terreur et de destruction, un outil de torture et d’emprise. Elles s’inscrivent dans des stratégies de nettoyage ethnique, par exemple en Bosnie-Herzégovine, dans des logiques de génocide, comme au Rwanda. Elles ont été mises en oeuvre contre les Yazidis et au Tigré, comme dans d’autres stratégies tendant à réduire à néant une partie de la population, dans des stratégies politiques assumées visant à mettre à bas tel ou tel opposant, tel adversaire taxé de révolutionnaire. Parfois, elles répondent aussi à des intérêts économiques et territoriaux. Depuis plus de trente ans, la RDC fait ainsi face à l’utilisation des violences sexuelles, sous différentes modalités, de la part de l’armée comme des milices ».

Ce que le viol a de singulier, c’est qu’il touche la victime et, au-delà, toute sa famille, d’autant qu’il a souvent lieu en public, parfois même dans la rue. Il n’est pas rare que « les femmes soient violées devant leur mari, les filles devant leurs pères et leurs frères, impuissants à les défendre. C’est la famille, la communauté et la Nation qui sont alors touchées ».

Contrairement à certains préjugés, le viol de guerre n’a pas de culture. Il n’a pas de continent. Il n’a pas de religion : « Le viol de guerre n’a pas de dieu ».

Le conflit soudanais est l’un de ceux dont on parle le moins, alors même que les violences sexuelles y sont utilisées de manière massive, délibérée et répétée. Parler du Soudan aujourd’hui, c’est « rappeler que l’oubli et le silence sont les alliés de l’impunité. C’est aussi affirmer que les survivantes soudanaises ont droit à la reconnaissance des violences subies, à la protection et à la justice ».

L’armée soudanaise et les FSR multiplient les tueries de masse, les enlèvements et les violences sexuelles. De part et d’autre, l’on constate maintes violations du droit international, des droits de l’homme et du droit humanitaire. La protection de populations civiles doit être «renforcée, rappelle vivement ce rapport. Une pression diplomatique régionale et internationale doit être exercée, de manière coordonnée, sur les différentes parties prenantes. En parallèle, il faut renforcer le soutien humanitaire et rompre les blocus, notamment pour que les femmes aient accès aux services de santé sexuelle et reproductive.

 

Rubrique « Lu Pour Vous »

2 juillet 2026

 

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