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« Innovation et destruction créatrice »

Philippe Aghion et al., Sociétal, 2ème trimestre 2021, 133 p.

Détruire pour créer est-il une des lois d’airain de l’économie ? La réponse parait évidente, car « en fracturant et remodelant des filières économiques solidement établies, la révolution digitale confère une nouvelle actualité à la destruction créatrice, que Joseph Schumpeter avait théorisée au XXème siècle ».

Or, si certaines activités se créent et prospèrent en détruisant les anciennes, « beaucoup se développent à côté ou dans leur prolongement. La création n’est donc pas toujours destructrice, fort heureusement ».

Dans le même temps, l’indispensable renouvellement des produits fournis par l’entreprise « exige d’avoir le courage d’abandonner des activités obsolètes ou en passe de le devenir, afin d’en financer d’autres promises à un meilleur avenir ».

Il est en effet, difficile pour une entreprise d’engager des innovations de rupture, quand son intérêt semble être de préserver le statu quo. C’est en croisant intérêts à court et long termes, que l’entreprise peut sortir par le haut de cette impasse.

Pour Schumpeter, la logique du capitalisme pousse inexorablement les entreprises à innover, sans quoi elles périclitent. Le succès des entreprises dépend de leur inventivité. Aujourd’hui, « elles doivent innover plus, innover mieux, innover plus vite. Pour y parvenir, il leur faut donner une chance aux innovations radicales, afin d’évaluer leur portée réelle, qui est souvent sous-estimée au départ ».

Les idées vraiment novatrices sont des transgressions, selon les termes de cette étude. A leur début, « elles sont minoritaires et leurs auteurs vivent dans une inconfortable marginalité créatrice. L’entreprise doit donc les protéger, pour que leurs idées puissent révéler leur potentiel ».

Par ailleurs, l’étude note qu’« à chaque vague d’innovation, les sociétés s’inquiètent de leur impact sur le travail. Il en va ainsi pour celle de l’intelligence artificielle et de la robotique qui, dans beaucoup de secteurs, détruira des emplois ». D’où la nécessité d’agir, afin de « compléter l’innovation digitale d’une innovation sociale, celle-ci atténuant les impacts de celle-là sur l’emploi, de repenser la formation et l’apprentissage, afin de gérer au mieux la transition entre les activités qui disparaîtront et celles qui naîtront ».

Qui dit « innovation » pense inévitablement à l’économiste Joseph Alois Schumpeter. Celui-ci distingue en particulier cinq types d’innovations : la production d’un nouveau bien, la mise au point d’un nouveau procédé de fabrication qui se définit comme une innovation technologique, l’ouverture de nouveaux marchés, la conquête de nouvelles sources de matières premières, les innovations organisationnelles, donnant de cette notion une vision à la fois large et concrète.

De quoi la destruction créatrice est-elle la théorie ? S’interrogent les auteurs.

S’agit-il d’une théorie des faillites comme condition du développement économique ? Mais les faillites sont aussi vieilles que l’activité marchande, et ne sont pas en elles-mêmes gage qu’une économie sera créatrice.

S’agit-il d’une théorie de l’innovation ? Dans ce cas, « quelle destruction particulière est-elle à même de provoquer des innovations ? Doit-on conditionner la capacité d’innovation d’une entreprise ou d’un pays à sa capacité de destruction ? ».

De ces interrogations, l’on déduit que « le modèle de destruction créatrice conduit à penser que la puissance générative serait intrinsèque au capitalisme, et à masquer les formes de cette puissance et le besoin de la réinventer en fonction des évolutions des sociétés ».

 

Rubrique « Lu Pour Vous »

23 avril 2026

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