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«La fin des sociétés» (3/4)

Alain Touraine, Ed. Seuil, Paris, 2013, 666 p.

Dans l’un des chapitres consacrés à la démocratie, l’auteur affirme que «les politiques favorables aux riches et aux puissants, ne peuvent être mises en échec qu’en élargissant les enjeux de la démocratie pour les faire correspondre à ce que j’ai appelé, après tant d’autres, les droits humains fondamentaux».

En effet, la destruction du social laisse face à face «les intérêts économiques et les principes éthiques, qui fondent des droits qui sont placés au-dessus de toutes les formes d’organisation sociale et des lois elles-mêmes».

Autrement dit, la défense des droits humains fondamentaux, c’est- à-dire universels, est «indépendante de toute situation économique, sociale ou juridique particulière, bien que les situations où elle s’exerce soient toujours particulières».

Par conséquent, ce qui intéresse l’auteur ce n’est pas l’homme ou les êtres Humains, mais plutôt le Sujet. Ce dernier désigne pour lui, l’être humain comme créateur et non comme créature, c’est- à-dire «comme individu agissant conformément à son droit d’être reconnu comme être libre et créateur, disposant des mêmes droits que tous les autres».

Le sujet n’est ni l’individu ni l’être social. Il est «moins encore un esprit ou une âme créée par un dieu. Le sujet est la position de l’action libre et créatrice comme sa propre finalité, comme un principe d’évaluation des conduites par leur signification pour l’affirmation et l’accroissement de cette liberté créatrice».

L’individu devient sujet «s’il réclame le droit d’être un acteur, même s’il est plus faible que le système qui le réduit en esclavage, qui lui impose son langage, ses intérêts, ses croyances».

L’affirmation des droits du sujet est d’une importance capitale, estime l’auteur, car «elle pose un principe général, et n’invoque aucun critère susceptible d’exclure un groupe de sa protection. C’est pourquoi j’insiste de manière répétée sur le fait que les droits sont au-dessus des lois, même si celles-ci doivent être par principe respectées». L’individu et l’universel s’allient ici contre l’ordre social et les pouvoirs qui lui donnent sa forme et ses effets.

Il note nettement : «je préfère donc parler de l’Etat de droits plutôt que de l’Etat de droit, car ce n’est pas l’Etat qui décide par lui- même de se fonder sur le droit, ce sont des actions collectives qui imposent aux lois la défense de droits. La distance entre les droits et les lois est si grande qu’il faut chercher à la réduire, mais on ne peut le faire qu’en reconnaissant la séparation, et souvent même l’opposition, entre les lois du système et les droits des acteurs».

Il précise encore davantage son propos : «il ne s’agit pas de renforcer des institutions mais des droits. Ceux qui ne croient pas à l’existence de droits plus fondamentaux que les lois sont, dans le moins dramatique des cas, des défenseurs des intérêts dominants et, dans le plus extrême, des défenseurs de l’arbitraire et de la violence».

C’est que les lois appartiennent à la société, mais les droits n’appartiennent qu’au sujet.

Le plus important, affirme-t-il, «n’est pas de reconnaître les droits sociaux des homosexuels, c’est de proclamer que le sens donné par les individus à leurs conduites sexuelles ou familiales doit être reconnu comme primordial, au-delà de la conformité ou non de celles-ci avec des lois, soucieuses surtout de la reproduction de la population».

Il explique : «puisque la limitation des relations et des plaisirs sexuels à la procréation est une position qui n’est plus défendue que par de faibles minorités, le libre choix des conduites sexuelles (entre adultes consentants) ne semble plus pouvoir être contesté».

Il faudrait, en conséquence, choisir entre deux logiques : «celle de la nature et celle du choix, c’est-à-dire de la liberté.

Rubrique «Lu Pour Vous»

15 février 2024

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