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«La révolution des médias»

Walker. D, Ambassade de Grande Bretagne en France, Rapport, Paris, novembre 2009, 20 p.

En introduction à ce rapport, l’on lit : «nous sommes au coeur d’une révolution technologique : les informations sont numérisées, compressées et diffusées à travers des réseaux et une multiplicité de supports. L’assise commerciale des médias s’effondre dans la mesure où la publicité se déplace de la presse écrite vers la presse en ligne. Les nouvelles générations privilégient la presse en ligne, aux dépens de la presse écrite et l’information gratuite relègue l’information payante au second plan.

Et ce «nous», utilisé par le rapport, ne renvoie plus seulement aux professionnels des médias, aux présentateurs en perte d’audience, aux journalistes de la presse écrite en recul ou aux fournisseurs commerciaux de contenus informationnels. C’est littéralement une révolution «populaire», car ce sont les clients, les lecteurs (les internautes) qui mènent le jeu, constituent leurs propres publics qui se regroupent et se dispersent, se fragmentent et se recomposent à une vitesse qui donne le tournis.

 En même temps, l’on est face à ce que certains appellent le «désordre dans la hiérarchie de l’information». Car, si tout au long du XXe siècle, le cinéma, puis la radio et plus tard la télévision ont rivalisé pour faire passer les messages en soumettant le modèle de production de la presse écrite hérité du XIXe siècle à une sérieuse concurrence, internet pourrait bien signer leur arrêt de mort. Alors que la radio par exemple est venue ajouter aux possibilités de l’écrit, internet est protéiforme et totalisateur. Avec lui, pas de limites et aucune rivalité n’est possible.

La presse écrite a subi, à son tour, deux coups durs. Elle a été victime d’importantes réductions de ses recettes publicitaires, tandis qu’elle perdait des lecteurs au profit d’Internet.

Or, certains voient dans internet et ses effets sur le journalisme traditionnel une chance pour les grands groupes de médias. L’expérience de la BBC et des groupes commerciaux qui disposent de multiples plateformes pour exploiter les économies réalisées (et les capacités journalistiques) grâce à la  convergence, en témoigne largement.

Autrement, un grand média de réputation internationale peut tirer profit du marché des contenus d’information qui reste important et fluide. Le journalisme sur Internet peut se satisfaire du coupé collé à grande échelle.

Le rapport ne qualifie donc pas Internet de  «problème». On lui attribue même le mérite d’avoir démocratisé la diffusion des nouvelles et de l’information à travers le monde. Les blogs ont pu créer des communautés d’intérêts et d’engagement, spontanément et de façon autonome. L’information n’a plus besoin de passer par des programmes radio ou télévisés pour être démultipliée.

Par ailleurs, internet offre «une confrontation en temps réel» avec la rumeur, mettant à la disposition de tous de vastes données complémentaires pour vérifier et tester propositions et informations. La qualité des reportages s’est considérablement améliorée.

Rubrique « Lu Pour Vous »

30 janvier 2014

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