Aller au contenu principal

«TIC et développement durable»

Breuil. H et al., Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, Paris, Décembre 2008, 96 p.

Ce rapport commence par un constat : les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont longtemps été perçues essentiellement du point de vue de leur apport, incontestable, à la productivité de l’économie et au bien-être de la population. Ce n’est que récemment que leur impact environnemental est devenu une préoccupation.

«L'informatique verte», actuellement très en vogue dans la communication des entreprises, ne représente qu’une réalité bien modeste au regard des enjeux.

Pourtant, «les TIC ont un apport positif pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (équivalents CO2)», même s’il est extrêmement difficile de quantifier avec précision cet apport. Selon les estimations, les TIC pourraient permettre d’économiser de 1 à 4 fois leurs propres émissions de gaz à effet de serre, avec plus particulièrement des gains probants à venir dans les secteurs du transport et du bâtiment.

L’estimation de la consommation électrique liée aux TIC est plus précise. En France, cette consommation est comprise entre 55 et 60 TWh par an, soit 13,5 % de la consommation d’électricité par les applications finales.

Dans les industries de l’informatique et de l’audiovisuel, les opérateurs ont un rôle important, et ce même s’ils ne sont a priori pas concernés par la consommation d’électricité générée par leurs services et équipements chez leurs clients.

En même temps, la consommation énergétique due aux TIC recèle des potentiels de réduction importants. Il en est de même pour la filière de récupération et de traitement des déchets.

Les organismes de régulation sont aujourd’hui des acteurs centraux du secteur des TIC. Afin de permettre la cohérence de leur action avec la politique publique du développement durable, il paraît souhaitable d’intégrer dans leurs objectifs généraux la contribution à la mise en oeuvre de politiques promouvant le développement durable.

De nombreuses pistes sont ouvertes, note le rapport, concernant le développement d’applications reposant sur l’usage et la diffusion des TIC et permettant des économies d’émissions de gaz à effet de serre. Certaines de ces applications «se développent naturellement et en premier lieu du fait des seules économies de coût qu’elles génèrent, comme le courrier électronique, le e-commerce ou l’électronique dans les véhicules».

D’autres applications peinent cependant à se développer, comme par exemple le télétravail. Il est toutefois clair qu’il demeure difficile de quantifier les potentiels de gains d’émission de ces applications et, par conséquent, difficile de les promouvoir. De plus, les incitations à leur développement relèvent davantage de politiques sectorielles. Les outils d’intervention de l’Etat dans les secteurs des transports, du fonctionnement de l’entreprise, et plus généralement «pour le développement du télétravail, peuvent néanmoins consister en actions de communication (campagnes, réalisation de guides), en l’instauration de partenariats ou en incitations fiscales (dans le cas des centres de données réutilisant la chaleur produite), ou encore en mesures visant à faciliter les échanges électroniques (sécurisation des échanges sur Internet par des certificats, clarifications juridiques sur la dématérialisation et la signature électronique)».

De façon générale, une action exemplaire de l’Etat (expérimentation sur le télétravail, gestion intelligente des bâtiments de l’administration) s’avère nécessaire.

Concernant les déchets électroniques, le rapport considère nécessaire de repenser l’ensemble de l’organisation de récupération et de traitement des déchets (les DEEE : déchets d’équipements électroniques et électriques). L’objectif, ambitieux, devrait consister à atteindre la moyenne européenne de collecte de déchets liés aux TIC d’ici 2012, ce qui signifie quadrupler le taux observé à ce jour.

Rubrique « Lu Pour Vous »

13 mars 2014

Vous pouvez partager ce contenu