Aller au contenu principal

«La démocratie malade des médias»

Martin. D (Ed), Paris, Juin 2006, 208 p.

L’auteur commence par dire que «les journalistes ne rendent de compte à personne de leurs méfaits éventuels. C'est là une situation d'impunité inacceptable, compte tenu de la puissance des médias, véritable quatrième pouvoir (après les trois premiers, qui sont l'exécutif, le législatif et le judiciaire)».

C’est la raison pour laquelle les médias constituent tantôt un puissant moyen, pour le pouvoir en place, d'influencer son peuple, tantôt un contre-pouvoir limitant celui des trois pouvoirs classiques.

Mais les médias en général, dont la télévision, n'ont guère de contre-pouvoir crédible, à l'exception de quelques publications lues uniquement par les élites.

Il est vrai que le public s'informe d'abord en regardant la télévision, ensuite en lisant les journaux et magazines, enfin en écoutant la radio, mais cela ne dénote pas, dans l’esprit de l’auteur, d’un quelconque contre pouvoir.

Au fond, «les médias, de droite et de gauche, élitistes ou populaires, sont coupables de s'être peu souciés, pendant de longues années, de phénomènes graves mais dérangeants pour les gouvernements successifs : par exemple l'alcoolisme, le dopage dans le sport, le financement occulte des campagnes électorales, la protection du consommateur, la défense de l'environnement, la corruption dans les milieux gouvernants à tous les niveaux…etc. ».

Ce qui frappe encore le grand public, ce sont les grosses bavures. «Il s'en est produit beaucoup en France dans les années quatre-vingt-dix : photos truquées, interviews truquées, documentaires truqués. Corruption… et inventions (tel le vol d'organes sur enfants latino-américains).

A coté de cela, il ne faut pas oublier les collusions trop évidentes des médias et du pouvoir : «y a-t-il une autre démocratie où l'on verrait le président (François Mitterrand en 1992) être interrogé à la télévision par deux journalistes qui se trouvaient être les épouses de deux de ses ministres ?».

Tous ces cas ne constituent pas, pour l’auteur, des accidents isolés, mais des manifestations de vieilles traditions, aggravées par des dérives nouvelles.

Autrement, «des usages (journalistiques) sont nés de la tradition d'assujettissement au pouvoir en place ou à un parti, plutôt que de dévouement à l'intérêt des citoyens».

Ces usages consistent en «une indifférence à la recherche des faits, à l'exactitude factuelle, à la qualité des sources, en un souci de qualité littéraire accompagnée de dédain pour l'expertise et le travail de préparation, en l'habitude de mêler ses opinions personnelles aux informations, des commentaires d'ailleurs sans intérêt bien souvent en raison de l'incompétence de leur auteur : le manque de professionnalisme est évident».

C’est pour dire, note l’auteur, que «A force d'obtenir le respect de leur audience, certains médias acquièrent une réputation qui leur confère une influence importante, donc le respect un peu craintif des politiciens. Inversement, lorsqu'un média désinforme son public, il perd sa confiance au moins en partie».

Rubrique « Lu Pour Vous »

6 novembre 2014

Vous pouvez partager ce contenu