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«Maroc : le printemps tranquille»

«Maroc : le printemps tranquille»

Cambon. C et al., Groupe interparlementaire d’amitié

France – Maroc, Paris, Mai 2013, 57 p.

En introduction à ce rapport, l’on lit : «Quatorze ans après l’avènement du Roi Mohamed VI, le Maroc poursuit sa modernisation politique, économique et sociale. Bien avant les printemps arabes, cette politique a, sans doute, permis au Maroc de faire sa  révolution de manière plus ordonnée et plus profonde» :

+ Politiquement, le Maroc «s’est doté d’une nouvelle Constitution en juillet 2011, adoptée par référendum, s’inspirant des principes d’une monarchie parlementaire.

Dès les élections législatives de novembre 2011, les nouveaux mécanismes institutionnels ont fonctionné puisque le chef du parti Justice et Démocratie (PJD), sorti vainqueur des élections, a été nommé Premier ministre par le Roi. La prochaine étape importante sera la réforme territoriale, préalable à celle de la Chambre des Conseillers.

+ Economiquement, à partir de 2008, le Maroc «n’a pas échappé à la crise économique mondiale. Toutefois, il a préservé et consolidé ses équilibres macro-économiques, ce qui s’est traduit par un meilleur risque pays. En 2013, au sein du Maghreb, le Maroc est sans aucun doute, une des économies les plus florissantes et les plus à même d’affronter les défis de la mondialisation».

+ Socialement, la question sociale reste entière et les attentes de la société très fortes. En effet, «le fort taux de chômage des jeunes, notamment diplômés, crée une situation parfois explosive exprimée par le Mouvement du 20 février (2011) qui manifeste des attentes de justice sociale et de partage des fruits de la croissance».

Et le rapport de noter que les réformes engagées en 2011 «ont, pour le moment, écarté une contestation de grande ampleur. Les principales forces d’opposition populaires, comme le Mouvement du 20 février, n’ont pas disparu, mais trouvent moins d’écho dans la population qui estime avoir été entendue…Au total, l’avenir de la contestation repose en large partie sur la réussite ou non du gouvernement actuel qui incarne les aspirations au changement des Marocains».

Autrement, les chantiers sociaux lancés par le pouvoir sont, depuis 1999, nombreux (réforme du code de la famille, création d’un code du travail …etc.).

Pour lutter spécifiquement contre la pauvreté, «le Roi a lancé, en mai 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), ciblée sur les communes rurales et les quartiers urbains défavorisés afin d’apporter une réponse globale à l’ensemble de leurs difficultés».

D’autres projets sociaux sont depuis des années à l’étude (couverture chômage, réforme des retraites, droits de grève et syndicaux) auxquels se sont ajoutés les droits sociaux inscrits dans la nouvelle Constitution de 2011.

Le poids des revendications sociales dans les mouvements contestataires du printemps 2011, portées au Maroc par le Mouvement du 20 février, a poussé à une accélération de ces projets.

Toutefois, force est de constater que les résultats se font encore attendre face à une population, notamment parmi les jeunes, très en attente eu égard au fort taux de chômage qui la touche.

Le chômage des jeunes en milieu urbain atteint 33,5%. La plupart des secteurs d’activités fait face à un déficit de main d’œuvre qualifiée à cause de l’inadéquation formation/emploi aggravée par les déficiences du système éducatif.

En même temps, le Maroc «souffre d’une insuffisance de devises du fait que ses importations sont de loin supérieures à ses exportations, mais aussi du fait que les autres sources de rentrées de devises dans le pays, ne comblent plus les besoins de l’économie marocaine, en particulier les ressources liées au tourisme qui se sont affaiblies».

Les déficits des comptes extérieurs et budgétaires se sont creusés. La dette publique demeure toutefois au niveau acceptable de 53% du PIB. Les revenus du tourisme, qui représentent 7% du PIB en moyenne, sont affectés par la crise économique internationale et la situation politique régionale. Sur le plan des équilibres financiers, le déficit commercial est structurel. Il s’est aggravé de 25,2% de 2010 à 2011, passant de 148,3 à 185,7 milliards de dirhams.

Quoi qu’il en soit, note le rapport, et «dans une région qui connait de grands bouleversements et qui est marquée par les menaces de déstabilisation de tous ordres, le Maroc apparait comme une chance pour la construction d’un Maghreb pacifique et prospère grâce à la voie originale et efficace qu’il a choisie pour se transformer».

Yahya El Yahyaoui

Rabat, 4 Juillet 2013

 

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